“Solide” des pigments

Les pigments dans les systèmes comparatifs des solides des couleurs

La spectroscopie des pigments dans les oeuvres d’art

L’équipe d’ECO, sous la direction scientifique de l’équipe de Mme Mady Elias, de l’Institut des Nanosciences et du CNRS Paris 6, a réalisé en juillet 2007 une série de spectroscopies des oeuvres de la collection du Musée des Beaux Arts de Dijon et de la collection d’oeuvres contemporaines du FRAC de Bourgogne.

Les résultats de la spectroscopie de ces oeuvres, ont été comparés à notre base de données de pigments «historiques».

L’élaboration d’un fonds documentaire sur notre site internet ( http://www.eco-ca.fr ) s’avère indispensable, afin que chacun puisse trouver les informations nécessaires à ses propres recherches. Cette base de données a été complétée par une documentation fournie par les archives du Musée des Beaux arts de Dijon, sur chacune des oeuvres choisies.



L’équipe de Mme Mady Elias, de l’Institut des Nanosciences et du CNRS Paris 6, l’équipe de recherche ECO,
Alain Bourgeois, Bernard Metzger et Lionel Thenadey, de l’ENSA de Dijon, et les techniciens du Musée des beaux Arts de Dijon.





Solides des couleurs



Solide des couleurs T S L Solide des couleurs L* A* B*

Dans le cadre de l’histoire des pigments et des systèmes de représentation, une de nos proposition est de créer un outil de visualisation en trois dimensions des longueurs d’onde inspiré des systèmes couleur L*a*b* et TSL (Teinte, Saturation, Lumière), à partir des pigments dits «historiques»: la collection des pigments historiques Kremer, nous sert de référence.

L’enjeu est de mettre en relation un ensemble systématique de teintes qu’est le solide des couleurs avec les harmonies colorées que les artistes mettent en oeuvre dans leurs tableaux. En d’autres termes, de confronter une approche quantitative, physique de la couleur, à celle qualitative, des choix artistiques.

En effet, l’outil sur lequel s’appuient la majorité des artistes est le cercle coloré de Chevreul, ou au mieux le solide des couleurs de Munsel. La principale difficulté d’usage de ces systèmes repose sur le fait que ceux-ci sont issus et élaborés à partir de l’analyse de phénomènes lumineux et non de phénomènes de réémission de la couleur émanant de matières colorées. L’utilisation de systèmes de représentations de spectres lumineux pour l’élaboration de procédés picturaux remontent au début de l’impressionnisme et perdure encore dans l’enseignement de la couleur dans les écoles (théorie des couleurs primaires du système soustractif, qui sont en fait les couleurs secondaires du système additif).

Ce malentendu entre les notions de couleur/lumière et de couleur/matière, toujours persistant, a amené la plupart des artistes contemporains à chercher des solutions, reposant souvent sur une expérimentation empirique de mise en rapport avec des référents historiques, symboliques voire autobiographique. Nombre de nos enquêtes auprès d’artistes ont révélé cela, et nombreux ont été à demander s’il pouvait exister un système référent simple, basé sur des couleurs/matières génériques reconnues.

A partir de ce solide, les artistes pourront interroger leur propre relation à la couleur, et comprendre les rapports et les écarts existant entre théorie et pratique.

Le diagramme TSL (teinte-saturation-luminosité) matérialise une représentation tridimensionnelle de la couleur sous la forme de deux cones inversés dont la base commune montre à la périphérie le maximum de saturation de la couleur. Le centre du cercle est gris, la luminosité augmente vers le haut et diminue vers le bas.

TSL, pour Teinte, Saturation, Luminosité

La teinte correspond à la nature de la couleur (rouge, orange, mauve, etc...).

La saturation est la différence entre la couleur et le gris neutre : moins la couleur est saturée, plus elle est proche du gris.

La luminosité indique si la couleur est plutôt claire ou sombre.

Si on prend un point représentant une couleur dans le cone, sa teinte correspond à la grandeur d’angle construit par les droites le reliant au blanc et au noir, sa luminosité est mesurée selon l'axe vertical, et sa saturation est la distance à cette axe vertical.

La luminosité est mesurée entre 0 et 100. (N=0 : noir, W=100: blanc),la saturation est mesurée sur une échelle de 30 graduations( S=0: désaturée, S=30: saturée). La teinte entre 0 et 360°. (0° correspond au violet.

14 tableaux du Musée des Beaux-Arts 7 tableaux du FRAC de Dijon ont été soumis à cette analyse les 2 et 3 Juillet 2007.
Crédit Photographique ECO ENSA Dijon





Collection des Pigments historiques G.Kremer












Mady ELIAS

- Institut des NanoSciences de Paris -


“Solide” des pigments

Les pigments dans les systèmes comparatifs des solide des couleurs

La physique des œuvres d’art

Analyse de Moïse sauvé des eaux de Véronèse (1580),
Musée des Beaux-Arts de Dijon
Mady Elias, Caroline Magnain, Patrizia Castiglione
Institut des NanoSciences de Paris, groupe Optique et Art
Mady.Elias@insp.jussieu.fr - http://www.insp.upmc.fr

Les mesures spectrocolorimétriques

Elles permettent de connaître la nature des pigments ou des colorants grâce à l’analyse de la lumière recueillie (spectroscopie). Elles permettent également de chiffrer la couleur de chaque zone (colorimétrie) et de faire un constat de l’état de l’œuvre qui pourra être reconduit ultérieurement pour vérifier l’état de conservation.
Aucun prélèvement de matière n’est nécessaire. Il n’y a aucun contact entre l’appareil et l’œuvre. Les mesures sont réalisées in situ et l’analyse des résultats est immédiate.