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Nous avons engagé nos premières enquêtes en tenant compte de l’ensemble des paramètres envisagés:

1 . Concernant l’histoire des pigments et de leurs applications chimiques nous avons rencontré Monsieur Georg Kremer de Kremer-Pigmente

2 . Narciso Silvestrini, spécialiste de la question des systèmes de représentation de la couleur, nous a apporté beaucoup d’éléments de réflexion,concernant les implications de la géométrie dans l’élaboration formelle des systèmes de couleur.

3. Petra Kaiser, de l’Institut für Bildmedien au Z.K M de Karlsruhe, nous a ouvert l’accès à l’ensemble des archives du centre.

4 .Mady Elias, de l’institut des Nanosciences de Paris, a accepté de prendre en charge l’analyse spectrographique de nos pigments

A partir d l’ensemble des données recueillies nous mettrons en place un outil de visualisation en trois dimensions du spectre de réémission colorée des pigments dits « historiques ».



En effet, l’outil sur lequel s’appuyaient la majorité des artistes du début du XXème étaient le cercle coloré de Chevreul, ou au mieux le solide des couleurs de Munsel. La principale difficulté d’usage de ces systèmes reposait sur le fait qu’ils étaient issus et élaborés à partir de l’analyse de phénomènes lumineux et non de phénomènes de réémission de la couleur émanant de matières colorées. L’utilisation de systèmes de représentations de spectres lumineux pour l’élaboration de procédés picturaux remonte au début de l’impressionnisme et perdure encore dans l’enseignement de la couleur dans les écoles (théorie des couleurs primaires du système soustractif, qui sont en fait les couleurs secondaires du système additif).

Ce malentendu entre couleur/lumière et couleur/matière, toujours persistant, a amené la plupart des artistes contemporains à chercher des solutions, reposant souvent sur une expérimentation empirique mise en rapport avec des référents historiques, symboliques voire autobiographiques. Nombre de nos enquêtes auprès d’artistes ont révélé cela, et nombreux ont été à demander s’il pouvait exister un système référent simple, voire vierge, basé sur des couleurs/matières génériques reconnues.



La spectroscopie de ces pigments sera réalisée en collaboration avec Mme Mady Elias, de l’Institut des Nanosciences et du CNRS Paris 6. Ces données seront ensuite mises en espace dans un logiciel 3D , et consultable sur notre site internet.

A partir de ce solide, les artistes pourront interroger leur propre relation à la couleur, et comprendre les rapports et les écarts existant entre théorie et pratique.

Les différents problèmes concernant la couleur dans l’utilisation de technologies numériques ( Photographie et vidéo ), forment un domaine de réflexion spécifique.

Dans l’utilisation de la photographie, il semblerait que la pensée dominante à propos de la couleur serait principalement définie par le souci de permanence du profil coloré (de la prise de vue à l’édition), avec comme seul référent les profils colorimétriques ICM des fabricants de scanners, imprimantes et autres périphériques d’image numérique. Ils sont réglés pour le logiciel de retouche d’image Photoshop. Ceci le plus souvent au détriment des choix plastiques des artistes.

Dans l’utilisation de la vidéo, le référent est souvent plus simple, car il consiste la plupart du temps à proposer deux étalonnages, issus du cinéma commercial : couleur chaude pour les films historiques et couleur froide pour les films d’action. La plus grande partie des logiciels de montage vidéo proposent ces réglages et bien sûr la compatibilité avec le Logiciel Photoshop. Que dire, si l’artiste veut intégrer un effet ou une modélisation 3D ! La logique de colorimétrie des logiciels 3D se base sur des nuanciers Autocad, logiciel de modélisation d’architecture, le plus souvent élaborés à partir des nuanciers des industriels façadiers.

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